Le groupe municipal d'opposition (UMP, Nouveau Centre, Gauche moderne, Parti Radical Valoisien et Indépendants) que je préside lance, samedi prochain, la première édition des « Débats pour Dijon ».
L'objectif est de créer avec les Dijonnais un rendez-vous régulier d'échange et de dialogue sur les dossiers importants de la Ville et de l'agglomération.
Avec l'appui d'experts et d'élus d'autres villes, nous aborderons, sans à priori, les grandes questions qui intéressent l'avenir de Dijon dans les domaines de l’économie, de l'urbanisme, des déplacements, de la politique éducative, sociale, culturelle, sportive...
Nous organiserons ces débats dans l'esprit d'une opposition active, vigilante, constructive pour étudier les propositions municipales, les amender éventuellement, dénoncer les mauvais choix et proposer de nouvelles voies.
Pour ouvrir cette série, il nous est apparu naturel de nous saisir du dossier «TCSP».
En préambule, nous l'affirmons haut et fort: nous sommes favorables à la création à Dijon d’un réseau de Transport en Commun en Site Propre (TCSP).
Notre ville a besoin de transports en commun efficaces et modernes, notamment dans un souci de protection de l'environnement, dont les principes fondamentaux ont été posés par le Grenelle de l'environnement. Par ailleurs, la baisse régulière de fréquentation du Réseau Divia, malgré la pénible restructuration de 2004, impose de réagir.
Toutefois, ce dossier, si lourd financièrement pour les entreprises locales et indirectement pour les contribuables dijonnais, comporte, tel qu’il nous est présenté aujourd’hui, beaucoup d’interrogations et d’imprécisions.
Ces questions concernent la sincérité de la concertation (le choix du mode technique, tramway sur fer filoguidé, est manifestement fait depuis longtemps), le tracé, qui évite par exemple tout l’ouest de Dijon et les principales zones économiques, ou encore sur le financement de ce projet pharaonique (estimé à plus de 400 millions, sans les opérations d’urbanisme, ni certains transferts de réseaux…)
Sur tous ces points, il est de notre devoir d’éclairer les Dijonnais, tout en présentant des solutions alternatives comme le busway, adopté par plusieurs villes comme Nantes, Nîmes ou Douai et dont le Président de la RATP, qui connaît bien le dossier, dit que c’est «une alternative tout à fait crédible au tramway, pour un investissement quatre à dix fois moins élevés ».
Cela mérite d’être creusé !
Si vous souhaitez échanger directement avec nous sur ce dossier, rendez-vous samedi 21juin à 10H30 à l’Hôtel Ibis-Arquebuse, 15 avenue Albert 1er. Entrée libre.
En préambule, je tiens à préciser que je ne suis pas, loin s'en faut, un soutient du Maire de Dijon, et que bien des pans de sa mandature, comme vous le dite avec justesse, sont critiquables.
Néanmoins, s'agissanr du projet de TCSP, je ne peux être en accord total avec vos prises de position : Je connais particulièrement bien le tramway de Montpellier et un peu celui de Bordeaux ; ces moyens de transport sont d'une efficacité redoutable, peu bruyant, s'intégrant avec discrétion dans la ville, écologiquement sans pareil et d'une capacité inégalée...
Ces cités que je fréquente de loin en loin ont vu leur centre ville redynamisé par la mise en service de cette remarquable infrastructure (après, il est vrai, de long et difficiles chantiers) et personne ne regrette les bus d'autrefois d'autant que le remodelage des voies touchées a permis de remettre en valeur les bâtiments (voies ferrées enherbées, disparition ou diminution drastique des automobiles, nouvelle architecture urbaine...)
Le bus à haut niveau de service que vous défendez, ne reste qu'un autobus en site propre, incapable de drainer une frange de la population rétive à utiliser ce mode de déplacement. A l'inverse, le tramway dont l'image de confort, de modernité et de dynamisme est plus ancrée dans l'imaginaire collectif, séduira de nouveaux passagers comme le montrent les résultats des sociétés exploitant des tramways.
L'inscription dans le paysage urbain est "calculée au plus près" ; je m'explique: Un engin sur rail, années après années, s'inscrira toujours dans le même gabarit, un engin sur pneumatique aura besoin de plus de surface protégée pour évoluer en sécurité du fait de l'imprécision de son dépacement, ce qui implique un site propre plus vaste.
Il va sans dire que je suis très favorable au tramway même si, comme vous le soulignez, ce projet est déjà ficelé et que selon son habitude, la concertation que le Maire de Dijon met en place avec ses administrés n'est qu'une parodie de démocratie.
Continuez votre travail d'opposant de manière constuctive, de prochaines échéances vous seront favorables mais ne vous arc-boutez pas contre ce qui est une bonne idée pour le développement et pour l'aura de Dijon.
Des villes de même envergure, comme Le Mans, ont eu le courage de ne pas dire non au futur.
Rédigé par: Alain RICHARD | 20 juin 2008 à 15:24